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Jeudi Saint 2008


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Nous entrons ce soir pour trois jours dans la célébration de la mort et de la résurrection de Jésus. L'expérience qu'en firent ses compagnons les transforma au point d'en faire les témoins d'un amour qui s'est totalement livré aux mains des hommes parce qu'il les aime. C'est de cette expérience que nous vivons dans la foi, individuellement et tous ensemble. « S'aimer les uns les autres » sera comme la basse continue qui accompagne ces trois jours, la seule réalité dont nous voulons vivre.
Revivant ensemble ce mystère central de toute vie humaine, mystère qui l'éclaire tout entière, qu'il nous soit donné d'y entrer davantage pour notre plus grande et plus profonde joie.
Commençons par remettre à cet amour nos faiblesses à croire en lui et à en vivre.

Homélie
After walking a long road it's a real relief, and pleasure indeed to have feet washed. In Jesus's time it was a way to honour an host, and that service was done by a slave. This behaviour is given by Jesus as to be becoming mutual between people who, following him, loves one another.
Pour l'auteur du quatrième évangile le geste de Jésus lavant les pieds des douze qui l'accompagnaient depuis maintenant deux ans est le signe le plus signifiant de l'authentique amour. Pour Jean cet acte est le testament de Jésus, et a ét voulu comme tel : « sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il part vers Dieu, il s'est levé » - le mot utilisé ailleurs pour parler de l'expérience pascale - il s'est levé pour accomplir un service qui honore celui à qui on le rend et en même temps lui apporte soulagement et plaisir après une longue marche. Il signifie par là que l'amour consiste d'abord à mettre à l'aise celui qu'on aime, à le vouloir heureux. Ne serait-ce pas le sens profond de nos souhaits de bonne santé ?
Mettere l'altro, l'altra, a suo aggio, volerlo felice, risiede, quindi, per Gesù, nell' accoglierlo, nel farsi suo servo, schiavo addirittura, affinchè l'amato o l'amata si senta pienamente riconosciuto o riconosciuta nel più profondo del suo essere. Farsi servo affinchè possa sviluppare il migliore di se stesso, di se stessa. Gesù, infatti, non impone per niente un modo di vedere o di fare : lo vediamo anzi accettare l'altro, l'altra così come è e glielo manifesta. Non sfugge a Giuda, non lo condanna : « Ciò che hai da fare fallo alla svelta ».
He proceeds in the same way with Peter. He doesn't reproach him, he knows Peter, he appreciates his generosity, but he knows too that sometimes he can be coward. Jesus doesn't condemn, he doesn't repell Giuda, nor Peter. He accepts them as they are with great patience without giving lessons or trying to impose some truth. Doing so, he liberates, in them as in every person he meets , the capacity of choice, he liberates their full responsability. Such is his way of loving.
Jésus, le "maître" « doux et humble de cœur » (Mt 11,29) sait combien pèse sur l'homme le poids de son péché, le poids de ses limites. Son amour l'a poussé ainsi à se faire proche des pauvres, de celles et ceux qui, vivant dans la misère, ne réussissent jamais à réaliser ce qu'ils voudraient : vivre une vie de couple apaisée et durable, parvenir à ce que leurs enfants sortent, eux au moins, de cette misère dont ils se sentent coupables et dont ils ont honte. Jésus voit tous ces efforts avortés ; rappelons-nous comment il agit avec le malade de la piscine qui ne réussissait jamais à aller assez vite vers l'eau qui l'aurait guéri.
L'amore, per Gesù, é prima di tutto farsi presente ad ogni sofferenza, senza imporre qualsiasi convizione o verità, fosse a nome della gloria del Padre o della verità. Per Gesù, ogni persona incontrata è la più importante, e per essa il suo desiderio pi profondo è che possa essere felice realizzando ciò che le consentirà di essere e di dare il migliore di se stessa. Ci invita a vivere in quel modo quando dice : « Nessuno ha un amore più grande di questo : dare la vita per i propri amici » (Gv 15,13).
Così, Gesú come Cristo si rende silenziosamente presente a noi nel pane e nel vino eucaristico lasciandoci liberi nella sicurezza della sua presenza. Così si fa anche presente a noi nelle persone che ci vogliono bene e che, con pazienza spesso, ci accettano nella nostra differenza.
This eucaristic and silent presence is the real way we are invited to be for any man or woman we are meeting every day. And first of all with the more deprived and the less considered. Father Joseph Wresinski in a meditation on the Holy Thursday wrote :
« Qu'est-ce qui compte pour toi, mon estomac ou ma dignité », me demandait un jeune homme dans un lointain hameau du sud du Sahara Et à l'une de nos volontaires, il dit encore : « Si tu viens habiter au village, est-ce pour y rester et y vivre comme nous ? »
Pour les très fatigués, si Jésus n'était pas venu pour rester de la façon la plus tangible, ou serait le salut ? Mais ils savent aussi ce qui est si difficile à comprendre pour les nantis, à savoir que si Jésus avait gardé uniquement le rang qui l'égalait à Dieu, il n'eût jamais pu être une présence libératrice. Il eût été un don oppressant, un pain étouffant. Le don du Fils fait homme est tout autre chose parce qu'il s'est livr'. Le corps partagé est celui d'un pauvre qui a peiné, qui a été outragé, torturé. Le Fils a partagé le pain des pauvres, la douleur des humiliés. Il s'est livré aux hommes comme les plus pauvres leur sont livrés. C'est en ce Jésus livré que nous reconnaissons de quel Amour nous sommes aimés et de quel Amour nous sommes vivants en Lui, appelés à partager cette livraison totale de nous mêmes qui n'est rien d'autre que de partager la plénitude de la vie de Dieu.
Nous laver maintenant mutuellement les mains veut être le signe de notre engagement à laisser grandir en nous cet amour davantage encore.

Bruxelles, Foyer catholique européen
Jean Lecuit s.j.